Un bout de Portugal à Tourcoing

image-029Saint-Matthieu a une forte concentration de Portugais sur les clochers de Sainte-Anne et de Saint-Jacques.

Anciens travailleurs du textile ou du bâtiment, ils sont restés en France avec désormais enfants et souvent petits- enfants.

Ils apportent à la vie de ces deux clo- chers ce petit quelque chose des gens du Sud, parfois même un côté festif qui donne un peu de relief à nos célébra- tions ou pèlerinages.

En effet, chaque année c’est le pèleri- nage à Notre-Dame de la Marlière, avec départ devant l’église Sainte-Anne, ou vers sainte Rita à Vendeville. C’est aussi, vers la mi-mai et la mi-octobre, les fêtes dédiées à Notre-Dame de Fatima avec le samedi en soirée la procession autour du «quartier» Sainte-Anne. Ils sont éga- lement présents dans les équipes litur- giques et dans les chorales (la chorale Esperanza ou la chorale dite «ouverte»). C’est vrai qu’ils donnent l’impres- sion d’être à l’écart, en petits groupes comme s’ils étaient encore un peu chez eux, là-bas au Portugal. D’ailleurs, sou- vent ils se parlent en portugais.

Mais pourtant, contrairement à ces apparences, jamais ils n’hésiteront à laisser intégrer dans leurs différents groupes qui veut bien les rejoindre. Et là, nous aurons droit à leurs sourires et surtout à leur générosité.

Ils sont à l’initiative de l’association Amitié partage Saint-Matthieu en dé- cembre 2011. Le but de cette associa- tion est basé sur la générosité, encore cette générosité qui les caractérise si bien : aider les personnes ayant besoin d’écoute et d’aide aux démarches ad- ministratives, et plus particulièrement les personnes en grande difficulté par la distribution de colis alimentaires. Ils font vivre l’association car ils ont su transmettre ce message autour d’eux. Depuis un an, le président, un Fran- çais, se retrouve avec une soixantaine de membres, dont une vingtaine de Français. Et tous prouvent en allant de l’avant ensemble que les a priori sont trompeurs et peuvent être contournés.

Début janvier, Portugais et Français ont organisé une soirée «Venez fêter les Rois avec nous».
Plusieurs mois de préparation main dans la main pour, à l’arrivée, deux cents personnes ravies de se retrouver sans se demander qui est Portugais, qui est Français ! Plusieurs chorales y ont participé dont une chorale de jeunes, mixant français et portugais avec bon- heur, et une chorale française : «Source vive». Évidemment, il y avait la chorale portugaise et un groupe folklorique portugais, mais tout ce petit monde a su trouver sa place sans aucun préjugé.

Bernard Koenig